Manuel pour la prise en compte des connaissances traditionnelles indigènes dans la planification des projets de l'ACDI

		

4. Qu'est-ce que la connaissance indigène traditionnelle ?

Connaissance indigène traditionnelle

on compte plusieurs définitions et descriptions des connaissances traditionnelles des indigènes. la plupart sont utiles, mais aucune ne semble circonscrire tout le concept. dans la pensée des allogènes, la connaissance est souvent considérée comme une « chose » que l?on peut extraire et mettre dans un livre. bien que la connaissance traditionnelle puisse se prêter en partie à ce traitement, les faits, observations, leçons et prédictions issus de la connaissance traditionnelle forment aussi un ensemble de processus, de pratiques et de relations. le fait d?entremêler les aspects sacrés et métaphysiques avec la compréhension profane est un moyen pratique et commun d?invoquer un sens plus large que celui de la science, par exemple.

La description suivante constitue une tentative excellente et délicate, par une personne allogène, de saisir et de reconnaître la connaissance traditionnelle indigène:

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« Les peuples indigènes du monde possèdent une immense connaissance de leur environnement, basée sur des siècles de vie en contact étroit avec la nature. Vivant de la richesse et de la variété d'écosystèmes complexes, ils possèdent une compréhension des propriétés des plantes et des animaux, du fonctionnement des écosystèmes et des techniques d'exploitation et de gestion qui leur est souvent particulière et très détaillée. Dans les communautés rurales des pays en développement, on compte sur les espèces locales pour une grande partie, sinon la totalité, des besoins en alimentation, en médicaments, en carburant, en matériaux de construction et autres produits. Également, la connaissance et la perception qu'a un peuple de son environnement et de sa relation avec lui sont souvent des éléments importants de l'identité culturelle. »

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Directeur général de l'Unesco (Mayor, 1994)

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À titre de comparaison, la citation qui suit vient d'un groupe d'Autochtones canadiens, qui vivent et travaillent dans le domaine de l'explication et de l'application des connaissances indigènes traditionnelles. La description ci-dessous établit avec soin la distinction entre la connaissance traditionnelle au sens large et la connaissance écologique traditionnelle, un ensemble d'informations plus spécialisé :

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« La connaissance écologique traditionnelle est un ensemble de notions et de croyances transmises par la tradition orale et l'observation directe. Elle inclut un système de classification, un ensemble d'observations empiriques sur l'environnement local et un système d'autogestion qui régit l'exploitation des ressources. Les aspects écologiques sont étroitement reliés aux aspects sociaux et spirituels du système de connaissance. La quantité et la qualité des connaissances écologiques traditionnelles varient selon les membres de la communauté, selon le sexe, l'âge, le statut social, la capacité intellectuelle et la profession (chasseurs, chefs spirituels, guérisseurs, etc.). Fermement ancrée dans le passé, la connaissance écologique traditionnelle est à la fois cumulative et dynamique. Elle s'appuie sur l'expérience des générations précédentes et l'adapte aux nouveaux changements technologiques et socio-économiques du présent. »

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(Définition de l'Institut culturel déné)

Une vision du monde différente

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Souvent les peuples indigènes vivent dans des zones rurales, travaillent avec les systèmes naturels et sont liés culturellement au territoire. Les peuples indigènes qui vivent près de la terre peuvent apporter des observations directes et une compréhension spéciale des cycles naturels ainsi que des animaux et des plantes. Leurs connaissances traditionnelles remontent à des centaines, sinon à des milliers d'années, perspective que la science ne possède tout simplement pas. Chez tous les peuples indigènes, les racines culturelles sont solidement ancrées dans les connaissances et pratiques traditionnelles. La connaissance traditionnelle indigène présente une opportunité unique d'accroître la base d'information des projets, d'améliorer leur efficacité et leur efficience, et d'ajouter de nouvelles visions du monde et perspectives aux nombreuses variables qui font partie de la planification et de la mise en oeuvre du projet.

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Pour profiter de ce potentiel, il faut prendre un soin particulier et suivre des méthodes spéciales si l'on veut que les peuples indigènes soient de véritables partenaires. Les peuples indigènes ont parfois du mal à participer aux processus de planification allogènes car ils ont une manière différente de prendre les décisions et n'utilisent pas de représentants comme porte-parole. Les peuples indigènes qui vivent en milieu rural n'ont peut-être pas d'influence politique ou peuvent être « invisibles » aux planificateurs de projets. Pourtant ils ont beaucoup à offrir à un projet dans leur domaine et, bien sûr, beaucoup à recevoir s'ils sont inclus dans la planification du projet et la prise de décisions. Dans le passé, ils avaient aussi beaucoup à perdre en étant exclus de la planification du projet.

Les détenteurs des connaissances traditionnelles indigènes on compte plusieurs définitions et descriptions des connaissances traditionnelles des indigènes. la plupart sont utiles, mais aucune ne semble circonscrire tout le concept. dans la pensée des allogènes, la connaissance est souvent considérée comme une « chose » que l?on peut extraire et mettre dans un livre. bien que la connaissance traditionnelle puisse se prêter en partie à ce traitement, les faits, observations, leçons et prédictions issus de la connaissance traditionnelle forment aussi un ensemble de processus, de pratiques et de relations. le fait d?entremêler les aspects sacrés et métaphysiques avec la compréhension profane est un moyen pratique et commun d?invoquer un sens plus large que celui de la science, par exemple.


Dans les communautés traditionnelles indigènes, chacun détient au moins une partie du savoir traditionnel. Typiquement, les praticiens et communicateurs les plus accomplis en matière de connaissance traditionnelle sont les membres les plus âgés de la communauté. Le simple fait d'être âgé, toutefois, ne confère pas automatiquement une connaissance traditionnelle variée ou approfondie. Certains aînés sont plus sages et compétents que d'autres. En outre, ceux qui pratiquent les techniques traditionnelles chaque jour ont plus de chances de maîtriser les techniques aussi bien anciennes que modernes ainsi que les connaissances qui constituent une base de savoir traditionnel pleinement développée, comparativement à ceux qui n'utilisent pas les méthodes traditionnelles au jour le jour. Contrairement à un système d'éducation officiel, on ne compte ni certificat ni diplôme par lequel on pourrait mesurer le degré de compétence d'une personne indigène. Chaque communauté traditionnelle, toutefois, sait reconnaître les personnes les plus compétentes dans chaque discipline.

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La connaissance est souvent groupée par secteurs : médecine et guérison, chasse et pêche, cueillette et agriculture, combat et spiritualité, par exemple. Dans chaque culture indigène, les groupements seront différents, mais, habituellement, les personnes les plus importantes sont des chefs de file reconnus dans un ou plusieurs de ces domaines, leur statut étant basé sur le savoir et l'expertise qu'ils possèdent. Dans certaines cultures indigènes, l'habillement, la toilette ou les symboles (plumes, paillettes, coquilles, modèles d'armes et autres) dénotent le statut ou le champ de compétence.

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Pour la planification de projet, il importe de reconnaître que, même si une personne est le chef de file dans un champ de compétence, d'autres peuvent aussi avoir de très grandes compétences ou même être meilleurs à certains égards. Par exemple, le « guérisseur » ou le « chaman » peut être la personne ayant le plus haut statut en matière de médecine, mais ce n'est certainement pas la seule personne à posséder des connaissances traditionnelles en la matière. En fait, d'autres peuvent être encore plus compétents à certains égards. Souvent, ce sont des femmes qui soignent les blessures, tandis que les guérisseurs d'élite traitent des maladies qui ont des causes moins évidentes.

Les femmes et la connaissance traditionnelle on compte plusieurs définitions et descriptions des connaissances traditionnelles des indigènes. la plupart sont utiles, mais aucune ne semble circonscrire tout le concept. dans la pensée des allogènes, la connaissance est souvent considérée comme une « chose » que l?on peut extraire et mettre dans un livre. bien que la connaissance traditionnelle puisse se prêter en partie à ce traitement, les faits, observations, leçons et prédictions issus de la connaissance traditionnelle forment aussi un ensemble de processus, de pratiques et de relations. le fait d?entremêler les aspects sacrés et métaphysiques avec la compréhension profane est un moyen pratique et commun d?invoquer un sens plus large que celui de la science, par exemple.


Les planificateurs de projets qui ont l'intention de prendre en compte les connaissances traditionnelles ne devraient pas négliger les différences entre les sexes à cet égard. Les connaissances traditionnelles détenues par les hommes, bien qu'elles aient une importance critique, sont souvent considérées à tort comme la seule source importante de savoir traditionnel. Celles qui sont détenues par les femmes doivent être considérées avec une attention spéciale, et ce pour plusieurs raisons. Les femmes indigènes, comme principales cueilleuses de plantes médicinales, de semences et de petit gibier, sont les détentrices d'une connaissance sur des sphères importantes de la biodiversité, et, à ce titre, elles peuvent être les mieux placées pour identifier des indicateurs environnementaux de la santé écologique.

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Le plus important, peut-être, c'est que les femmes partagent avec les hommes la responsabilité des valeurs dans leur société. Elles se sentent hautement responsables envers les générations futures pour les actions entreprises aujourd'hui, voulant ainsi garantir la continuité et l'intégrité de leur mode de vie, de leur culture et de la nature pour leurs descendants. Ce sont essentiellement les femmes qui transmettent ces valeurs à la nouvelle génération. Leur perspective transgénérationnelle doit être prise en compte. Dans beaucoup de parties du monde, ce sont les femmes qui, à elles seules, font pousser les récoltes, vont chercher l'eau et le combustible et accomplissent la majeure partie des tâches nécessaires au soutien de la famille. Les projets de développement ont parfois, par inadvertance, mal compris ce rôle. La privatisation des terres, la construction de digues, les projets d'irrigation et de mine, et l'ensemble des impacts de l'industrie agroalimentaire peuvent marginaliser les femmes et les déposséder de leur aptitude indépendante à subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leurs enfants.

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Les modèles courants du développement économique et de la croissance mettent l'accent sur des marchandises que l'on produit pour réaliser un profit sur un marché. Ces modèles ne reconnaissent pas facilement l'apport économique du « travail des femmes », qui est en grande partie invisible parce qu'il sert à la subsistance ou à des fins domestiques plutôt qu'au profit. Par conséquent, le travail des femmes est souvent exclu du compte. Cette économie cachée du travail des femmes est souvent reliée de façon inextricable à la nature et doit être reconnue dans tout schéma de développement.

La nature des connaissances traditionnelles on compte plusieurs définitions et descriptions des connaissances traditionnelles des indigènes. la plupart sont utiles, mais aucune ne semble circonscrire tout le concept. dans la pensée des allogènes, la connaissance est souvent considérée comme une « chose » que l?on peut extraire et mettre dans un livre. bien que la connaissance traditionnelle puisse se prêter en partie à ce traitement, les faits, observations, leçons et prédictions issus de la connaissance traditionnelle forment aussi un ensemble de processus, de pratiques et de relations. le fait d?entremêler les aspects sacrés et métaphysiques avec la compréhension profane est un moyen pratique et commun d?invoquer un sens plus large que celui de la science, par exemple.


Il faut une vie entière d'immersion pour acquérir une compréhension profonde des connaissances traditionnelles indigènes et pour arriver à les utiliser de façon responsable dans l'estimation des impacts sur l'environnement ou sur la culture. Tout comme dans l'acquisition de compétences scientifiques (qui requièrent elles aussi des décennies d'immersion et d'expérience pratique avant que l'on puisse faire des prédictions exactes) il faut investir beaucoup de temps. Bien qu'il soit entièrement possible de rassembler les faits et l'information contenus dans les traditions, il est beaucoup plus difficile de comprendre les relations qui sont contenues dans les générations d'enseignement. Pour cette raison, et comme en sciences, il n'est pas difficile de décrire les connaissances traditionnelles, mais il n'est pas pratique de les « colliger » et de les utiliser dans le cadre de la science. Les connaissances traditionnelles devraient être colligées et utilisées dans leur propre cadre.

Il est entièrement pratique, toutefois, de faire collaborer le praticien des sciences et le praticien détenteur de savoir traditionnel. La clé du succès réside dans le respect mutuel des méthodes et de l'information, tout en évaluant les conclusions en collaboration.

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La connaissance traditionnelle indigène est un mode de vie. Cet énoncé direct est rarement compris par les Allogènes qui tentent de colliger ou de documenter le savoir traditionnel. Bien que le savoir traditionnel soit un processus d'acquisition et de transmission de la connaissance et de la compréhension, et bien qu'il contienne la banque de données des connaissances recueillies, il représente beaucoup plus encore. C'est une structure de valeurs, de récits, de langue et de relations sociales. C'est une relation basée sur l'expérience avec la famille, les animaux, les sites, les esprits et le territoire. C'est une vision du monde. Comme cette connaissance est basée sur l'expérience, chaque groupe aura une tradition qui, dans une plus ou moins grande mesure, diffère de celle des autres groupes. Bien qu'il soit commode de parler de connaissance traditionnelle indigène, il importe de comprendre que ce savoir ne forme pas un tout homogène. En fait, beaucoup d'indigènes diraient que leur connaissance traditionnelle n'est pleinement accessible qu'à ceux qui comprennent leur langue.

Reconnaître que le savoir indigène est un mode de vie, une relation basée sur l'expérience avec la famille, les esprits, les animaux, les plantes et le territoire, une compréhension et une sagesse accumulées par des générations d'observations et d'enseignements, qui utilisent des signaux indirects de la nature ou de la culture pour prédire les événements futurs ou les impacts.

Que dire des connaissances traditionnelles Allogènes ?

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Chaque culture a ses propres pratiques traditionnelles et une compréhension spéciale de l'univers. La plupart des gens ont des traditions familiales qui ont été transmises au cours des générations, y compris des choses toutes simples comme les recettes et les légendes locales, de même que des systèmes de croyances et des coutumes plus complexes. Les communautés locales Allogènes de longue date ont aussi une connaissance traditionnelle des conditions locales, de l'environnement et de la faune. Ce savoir peut être aussi approfondi que la connaissance traditionnelle indigène dans certains domaines, et il a donc une grande importance aux yeux des planificateurs de projets.

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Le cas des peuples indigènes est toutefois différent, car ce sont des nations dans d'autres nations, et forment des groupes de gens que l'on peut identifier à l'intérieur de la population en général. Ces peuples et leurs bases de connaissance reçoivent donc un traitement différent à l'intérieur du pays et de la culture dominante. Les communautés locales font partie de la culture dominante. Les populations indigènes, par définition, ne font pas partie de cette culture dominante et ont un point de vue différent.

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La connaissance traditionnelle indigène et la langue indigène font partie de la définition de l'autonomie des Indigènes. La reconnaissance de la différence entre le savoir indigène et allogène soutient et souligne la valeur ajoutée et la compréhension qui peuvent venir de la combinaison des deux comme un complément, plutôt que de les traiter comme des ensembles d'informations similaires. Ce traitement créerait une « lutte de pouvoir » entre les deux bases de connaissance, ce qui minerait la crédibilité des deux. En joignant la puissance des approches indigène et allogène, on peut produire une symbiose qui accroît la richesse et la variété des deux systèmes.