Manuel pour la prise en compte des connaissances traditionnelles indigènes dans la planification des projets de l'ACDI
Les meilleures pratiques de prise en compte des connaissances traditionnelles dans la planification de projet
Les meilleures pratiques
Les meilleures pratiques pour tenir compte des connaissances traditionnelles indigènes dans la planification de projet n'ont pas été établies. En suivant les pratiques suggérées ici, les planificateurs et les gestionnaires peuvent réduire les risques tant pour le projet que pour les peuples indigènes. Cette liste, toutefois, ne constitue pas une liste des étapes à suivre pour la planification et la mise en oeuvre de projets. Les variations régionales et locales sont extrêmement importantes. Il est essentiel d'avoir un esprit ouvert, d'être sensible aux autres cultures et d'être prêt à accepter la manière entièrement différente dont une autre personne peut résoudre les problèmes. Il faut se souvenir que la plupart des planificateurs de projets ont déjà décidé que leur projet doit aller de l'avant et ne s'intéressent plus qu'à la manière dont il doit être accompli. En revanche, la plupart des communautés indigènes auxquelles on demande de participer s'intéresseront davantage à la raison d'être du projet qu'à ses modalités.
- Utiliser la définition simple : les peuples indigènes sont auto-identifiables comme peuple, entièrement ou partiellement autogouvernés, et vivant à l'intérieur d'une nation plus grande.
- Reconnaître que le savoir indigène est un mode de vie, une relation basée sur l'expérience avec la famille, les esprits, les animaux, les plantes et le territoire, une compréhension et une sagesse accumulées par des générations d'observations et d'enseignements, qui utilisent des signaux indirects de la nature ou de la culture pour prédire les événements futurs ou les impacts.
- Intégrer les peuples indigènes et leurs systèmes de connaissance traditionnels comme partenaires à part entière de la conception d'un projet pouvant affecter les peuples indigènes de façon directe ou indirecte.
- Dans le cours de l'acquisition de la connaissance traditionnelle indigène :
- ne causer aucun tort ;
- définir les rôles et responsabilités des participants avec soin et conformément aux cultures et systèmes de connaissance ;
- définir l'information à recueillir, spécialement l'information « tabou » qui dépasse les limites du projet ;
- établir dès le départ l'utilisation de l'information, sa propriété et les moyens de l'interpréter ou de la communiquer.
- Reconnaître que la prise en compte des systèmes de connaissance traditionnels dans les projets requiert le respect, la confiance, l'équité et la responsabilisation des peuples indigènes et du système de connaissance traditionnel.
- Protéger et transférer aux communautés indigènes ou aux individus tout concept à valeur ajoutée qui émerge des détenteurs de connaissance traditionnelle indigène comme résultat direct du projet.
- Créer des occasions par lesquelles les peuples indigènes peuvent bénéficier directement des concepts à valeur ajoutée dérivés des connaissances traditionnelles, pour que la communauté indigène puisse profiter de l'utilisation commerciale de ses connaissances traditionnelles.
- Permettre aux peuples indigènes de définir les aspects de leurs connaissances traditionnelles qui sont destinés à la consommation publique et ceux qui doivent demeurer privés et confidentiels.
- Respecter et protéger les droits traditionnels des Indigènes aux ressources naturelles.
- Demander l'endroit où le projet de développement serait le mieux situé, plutôt que de demander à quel endroit il ne devrait pas être situé.
- Reconnaître que les peuples indigènes ont le sentiment de faire partie du territoire, et n'acceptent pas facilement qu'on modifie de façon radicale cette terre, ou la relation qu'ils entretiennent avec elle.
- Engager le dialogue avec les systèmes de connaissance traditionnels avant que les décisions initiales ne soient prises pour aider à prédire les impacts d'un projet et être prêt à l'abandonner ou à le réviser substantiellement s'il y a risque de dommages aux peuples indigènes.
- Laisser de grandes marges d'erreur dans les modèles prédictifs, et inclure les coûts socio-économiques de l'économie souvent invisible du travail des femmes et de la vulnérabilité spéciale des femmes indigènes.
- Comprendre les coutumes et l'étiquette locales, et former le personnel qui traitera avec les peuples indigènes avant le contact.
- Faire la distinction entre les communautés locales et indigènes, et veiller à ce que toutes deux aient des rôles à jouer ; les communautés locales comme intervenants de la culture dominante, et les peuples indigènes comme groupes dotés de droits traditionnels spéciaux.
- Faire correspondre l'approche participative à la sensibilité culturelle de la communauté indigène. Les stratégies de succès peuvent inclure des tables rondes, des séances de formation pour les formateurs, la cogestion et la recherche sur l'action participative.
- La participation des peuples indigènes comme groupes autonomes est un élément essentiel pour en arriver à une compréhension mutuelle et à un consensus pour fixer les objectifs stratégiques, définir la chaîne de résultats escomptés, identifier les hypothèses sous-jacentes et les risques, et sélectionner les indicateurs de rendement qui conviennent.
- Prendre en compte les connaissances traditionnelles dès les premières étapes du projet et comme complément honnête des approches scientifiques ou occidentales.
- L'acquisition de l'autonomie fait partie intégrante des systèmes de connaissance traditionnels. Il est utile d'inclure leurs systèmes de connaissance tant dans l'interprétation de celles-ci que dans leur mise en oeuvre en se fiant à des détenteurs crédibles de ce savoir traditionnel.
- Il faut évaluer la crédibilité des sources de connaissance traditionnelle en utilisant la communauté comme source de références.
- L'utilisation conjointe de la science et de la connaissance traditionnelle en cogestion ou en recherche sur l'action participative peut être un puissant outil d'amélioration de l'efficacité des projets, mais cela requiert une relation basée sur la confiance et le respect de l'information apportée par l'autre partie ainsi que pour les diverses méthodologies utilisées.
- Les protocoles d'acquisition des connaissances traditionnelles devraient être définis par les communautés indigènes et acceptés par toutes les parties.
- Plutôt que d'utiliser des échelles de temps dans la planification du projet, il est parfois préférable de s'appuyer sur des indicateurs basés sur les traditions des peuples indigènes.
- Intégrer les mécanismes qui donneront aux peuples indigènes un rôle décisionnel proportionnel aux risques que courent leurs communautés.
- On ne doit causer aucun dommage aux peuples indigènes parce que l'on travaille à l'intérieur des priorités d'un autre gouvernement.
- Comprendre les lois et règlements du pays hôte concernant les peuples indigènes, y compris les droits constitutionnels, les lois pertinentes, les énoncés de politique et les pratiques récentes.
- Aborder les praticiens des connaissances traditionnelles de la même façon que la connaissance occidentale aborde les savants et les autres professionnels, pour faire bon usage des connaissances traditionnelles et de leur sagesse transgénérationnelle.
- On doit éviter de faire participer les peuples indigènes trop tard ou de façon triviale ; cela fait courir des risques aux peuples indigènes et au projet.
- Créer des protections pour protéger les communautés indigènes qui sont extrêmement vulnérables à une exploitation indue en raison de leur manque d'expérience ou leur rejet des systèmes de partage des ressources basés sur l'argent.